Il y a des familles qui se forment dans l'évidence, et d'autres qui se construisent dans la foi — foi en la vie, foi en l'amour, foi en chaque enfant qui croise votre route. La nôtre appartient à cette deuxième catégorie. Et nous n'échangerions ça pour rien au monde.
Eryne, notre joie de vivre
Huit paires de chaussures dans l'entrée
Serge et moi, on ne s'était pas dit « on adoptera ». On s'était dit « on aimera ». Et l'amour, il a une façon bien à lui de dessiner les familles.
Aujourd'hui, nous sommes huit. Huit à table le soir. Huit paires de chaussures dans l'entrée — dans tous les formats, dont certaines orthopédiques. Huit histoires entremêlées, parfois bruyantes, souvent émouvantes, toujours précieuses.
Ambre
Notre première fille « faite maison », au caractère bien trempé. Cette façon qu'elle a de tenir la maison debout quand les journées sont longues.
Phèdre
La complicité de sœurs entre Ambre et Phèdre est le socle de la maison. Elles savent exactement comment tenir l'équilibre familial.
Cantor
Notre tornade adorée. Il ne marche pas — il galope. Il ne joue pas — il invente des univers entiers. Cantor nous a appris à ne jamais, jamais s'ennuyer.
Amaury & Enguerrand
Jumeaux. Leur regard sur le monde est d'une précision et d'une profondeur qui nous laissent sans voix. Avec eux, on a réappris à vraiment regarder.
Eryne
Notre petite soleil. Elle aime sans calcul, sans retenue, sans condition. Elle dit bonjour à chaque inconnu dans la rue avec une sincérité désarmante. Eryne nous rappelle que c'est si simple, au fond, d'aimer.
Cantor, notre tornade adorée
Cantor, notre tornade adorée, est hyperactif. Il ne marche pas — il galope. Il ne parle pas — il proclame. Il ne joue pas — il invente des univers entiers à une vitesse qui nous laisse pantelants. Avec lui, la maison n'est jamais silencieuse, et on a appris que le silence, finalement, c'est très surfait.
Cantor nous a appris à vivre à plein régime, à trouver la beauté dans le mouvement perpétuel, à ne jamais, jamais s'ennuyer.
Cantor, notre tornade adorée
Amaury & Enguerrand, deux regards sur le monde
Amaury et Enguerrand, jumeaux, sont autistes. Leur regard sur le monde est d'une précision et d'une profondeur qui nous laissent parfois sans voix. Ils remarquent des choses que nous ne voyons plus — la façon dont la lumière traverse le store le matin, le rythme exact de la pluie sur la fenêtre.
Avec Amaury et Enguerrand, on a réappris à regarder. Vraiment regarder. C'est un cadeau inestimable.
Eryne, notre petite soleil
Et puis il y a Eryne, notre petite soleil à trisomie 21. Elle possède cet amour du monde — pas la joie polie, non, la joie qui déborde, qui chante fort en dehors des clous, qui dit bonjour à chaque inconnu dans la rue avec une sincérité désarmante.
Eryne aime sans calcul, sans retenue, sans condition. Elle nous rappelle, à nous les grands avec nos complications d'adultes, que c'est pourtant si simple, au fond, d'aimer.
« Les adopter, ce n'était pas "sauver" qui que ce soit. C'était reconnaître que ces enfants nous appartenaient, quelque part, depuis toujours. Que nos bras avaient exactement leur forme. »— Diane
La vérité, sans filtre
Est-ce que c'est facile ? Non. Soyons honnêtes.
Il y a des nuits blanches, des rendez-vous médicaux qui s'enchaînent, des formulaires administratifs qui semblent ne jamais finir, des moments où on se regarde, Serge et moi, épuisés jusqu'aux os, et où on se demande comment on va tenir. Il y a des deuils aussi — des deuils d'une certaine idée de la « normalité », de cette vision lisse et sans aspérités que la société nous vend parfois comme idéal de famille.
Mais il y a surtout — et ça dépasse tout le reste — une plénitude qu'on ne soupçonnait pas. Une richesse humaine rare et précieuse. Nos six enfants nous ont rendus meilleurs, plus patients, plus attentifs, plus humbles. Ils nous ont appris que l'amour n'est pas une ressource limitée. Qu'on n'en donne pas moins à six parce qu'on en donnait à deux. Il se multiplie, tout simplement. Il se réinvente à chaque prénom.
Six prénoms. Six caractères. Six façons d'illuminer une pièce. Six raisons de se lever le matin — même quand la nuit a été courte, même quand le cœur est lourd.
Serge dit souvent que cette famille, c'est son « œuvre de vie ». Moi, je préfère dire que c'est notre maison, au sens le plus profond du terme — un endroit où chacun est accueilli tel qu'il est, où personne n'a à se justifier d'exister, où les différences ne sont pas tolérées, elles sont célébrées.
À toutes les familles qui hésitent, qui ont peur, qui se disent qu'elles n'auraient « pas les épaules » — on voudrait vous dire juste ceci : les épaules, elles grandissent avec l'amour qu'on leur confie. Et il n'y a pas de plus beau cadeau qu'un enfant qui choisit de vous appeler maman ou papa.
Nous, on a eu cette chance six fois.
« Fiers, fatigués, et infiniment reconnaissants. »— Serge & Diane
Votre famille peut aussi témoigner
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