« Comment résumer la vie intense et riche d'un gaillard de 39 ans, originaire d'Éthiopie, mais né à Djibouti en janvier 1986 et adopté en Alsace dans un petit village du Haut-Rhin situé au pied des Vosges ? »
Un début incertain
Pourquoi évoquer le contexte géographique dans lequel nous avons adopté Jean-Raphaël François ? Ce dernier prénom lui avait été donné par les Sœurs Franciscaines à Djibouti, car bien que né à l'hôpital, Jean-Raphaël était un bébé prématuré dont la survie était plus qu'incertaine.
Sa maman biologique avait un vœu unique : qu'il vive heureux en France. Ce vœu a été respecté.
Naissance à Djibouti
Né prématurément, confié aux Sœurs Franciscaines. Prénom François donné par les religieuses. Sa survie, incertaine au départ, sera le début d'une belle histoire.
Adoption en Alsace
Accueilli dans un petit village du Haut-Rhin, au pied des Vosges. Troisième enfant d'une fratrie de trois. Une atmosphère chaleureuse l'attend.
L'enfant du village
Tracteur rouge, champs, vaches, foin et pommes de terre. Jean-Raphaël grandit au rythme des saisons alsaciennes — et apprend l'alsacien, au grand étonnement de tous.
Chef d'entreprise
À 21 ans, il crée sa propre entreprise d'aménagement paysager et de piscines avec un ami du village. Aujourd'hui, il emploie son frère et 8 autres personnes.
Jean-Raphaël fait partie d'une fratrie de 3 enfants et il a grandi au milieu de la nature, à accompagner l'un des fermiers du village aux champs sur le tracteur, à mener les vaches au pré, à faire du foin, à ramasser des pommes de terre en automne.
S'il n'était pas à la ferme, il passait toute la journée sur son petit tracteur en plastique attelé d'une petite remorque qu'il chargeait de bois ou bien de foin et de paille pour son lapin, à pédaler dans notre cour et à former des petits tas qu'il changeait inlassablement d'endroit.
Il est vite devenu la coqueluche de tout le village, car ce beau petit africain, noir aux cheveux crépus et toujours souriant, savait bien parler l'alsacien — un événement sensationnel dans notre petit village, d'autant plus que notre dialecte est en perte de vitesse auprès de la jeune génération !
Ainsi, Jean-Raphaël a pu grandir dans une atmosphère chaleureuse et bienveillante à son égard, au-delà du cercle purement familial.
Une vocation née de la nature
Un beau jour, à l'âge de ses 15 ans, il a décidé de devenir paysagiste, après avoir renoncé définitivement au métier de fermier — traumatisé par les images terribles de vaches folles à la télé.
En 2007, il a monté sa propre entreprise avec un copain du village. À présent, il travaille avec son frère Jean-Baptiste ainsi que 8 autres employés et stagiaires, principalement dans la création d'aménagements paysagers et de piscines. L'entreprise a du succès, car il a su allier aménagement et arts paysagers, technique et esthétique — et il en est fier.
Il n'a pas encore songé à fonder une famille, mais nous, parents, ne perdons pas espoir !
En tout cas, il est heureux de vivre avec nous — en France, c'était l'unique vœu de sa maman biologique — et ne cherche pas à retrouver ses racines éthiopiennes, du moins pas jusqu'à présent.
« Voilà le bref résumé de la vie de notre fils, épanoui et heureux de vivre. »— Une famille adoptive alsacienne, témoignage paru dans le Bulletin 50 ans — Décembre 2025
L'histoire de Jean-Raphaël illustre ce qu'Emmanuel SOS Adoption porte depuis 1975 : que l'amour parental n'a pas de frontières, que l'intégration est possible avec bienveillance, et qu'un enfant adopté peut construire une vie pleine, enracinée et épanouie — même loin de ses origines.
L'alsacien de Jean-Raphaël, son tracteur rouge, ses aménagements paysagers : autant de preuves vivantes que l'appartenance se construit dans le quotidien partagé, dans la chaleur d'un village, dans l'amour d'une famille.
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